l’heretique

9 mai, 2007

Moi, moi, moi, encore moi en couleurs

Classé dans : Non classé — lheretique @ 18:02

C’est que nous sommes des images. Nos propres images et que nous sommes aussi intéressants à peindre qu’une pomme de Cézanne ou une chaise de Van Gogh.501goya.png

Je me risque à m’introduire dans le tableau célèbre de Goya afin de dialoguer avec moi-même. N’étant pas un homme politique je ne suis pas pour moi-même une idole. Une curiosité. Une passion. Ne suis-je pas celui de tous les hommes que je connais le moins?

davidmaratgoya.jpg J’habite les tableaux des autres. Cela me donne une étrange sensation de plaisir. C’est comme au Musée Grévin. Mon Musée personnel. Je me farde, me déguise, substitue mon visage à celui de Marat.barenboim.png N’étant personne je peux me permettre d’être n’importe qui.  Est-ce que je n’agis pas comme l’adolescente qui se regarde dans le miroir de son magazine? Avec la même curiosité.

image7.pngimage2.pngLe doux bonheur d’être laid.image3.pngLe bonheur d’être monstrueux

Enfin, je suis quelqu’un. JOIE, JOIE, PLEURS DE JOIE, disait Pascal.

Dieu? Je l’ai bien connu pendant les années de guerre…

Classé dans : Non classé — lheretique @ 17:34

1view1c.jpgDieu ?
Je l’ai bien connu pendant mes huit années passées dans un collège religieux, dont cinq pendant la guerre de 39-45.
Dieu ?
Nous le priions avant chaque classe. Nous l’admirions chaque matin pendant la Messe. Nous le suppliions de nous pardonner nos péchés et nos « vilains désirs ». Nous lui confiions nos âmes et nos corps.
Une phrase était peinte au dessus de la porte principale du collège en lettres noires sur fond rouge signée d’Henri de Bournazel :
« Mon âme à Dieu
Mon corps à la Patrie,
L’honneur à moi. »
Une belle phrase pour nous enseigner que la vie n’a aucun prix par elle-même et que si nous sommes un corps et une âme c’est pour que nous sacrifions l’un pour sauver l’autre.
Dans le contexte de la guerre, cette phrase nous apprenait la vanité de la vie et que les plaisirs de la terre, le goût de la fête étaient aussi des vanités.
Dieu et la Patrie tel devait être l’unique projet que nous avions.
Ces années perdues dans un univers exclusivement religieux dans une société exclusivement masculine furent si douloureuses à vivre que dès que je mis les pieds au dehors, la liberté reconquise, j’ai eu vite fait comme nombre de mes camarades pour dire « adieu à Dieu » pour toujours.
Ah ! nous lui en avons adressé des prières , à genoux, les bras en croix, le chapelet pendant au bout de nos doigts, l’implotant pour qu’il donne la victoire à la France, pour qu’il fasse vivre longtemps le Maréchal Pétain, un si grand chrétien et un si valeureux soldat. L’Eglise catholique veillait et collaborait avec lui pour que la France gangrenée par les idées du Front Populaire, celles des Franc-Maçons, celles des juifs.
Oui, la France était catholique. Les prêtres mis à mal par les idées des « rouges » reprenaient courage. La France rurale reprenait vie.
Grâce au Maréchal et à l’Eglise la France à qui Hitler avait généreusement accordé l’armistice retrouverait son honneur.
Vous n’avez pas connu ces heures noires. Tant mieux pour vous.
Je les ai détestées.
En cachette nous parlions de la Résistance, des maquis. Nous rêvions de faire comme nos aînés : faire sauter les ponts, les voies de chemin de fer, organiser des réseaux de combats, agir au lieu de rester confinés dans ces lieux à l’odeur persistante de l’encens.
Nous les avons détestées les statues de plâtre peints de vives couleurs, celle de Marie de Lourdes, celle du Christ Roi ou du Sacré Cœur de Jésus qui souffrait seul devant nous sans se soucier de toutes celles et ceux qui mouraient en dehors de nos murs.
La religion était un enfer qui se donnait des airs de paradis.
Nous la détestions. Nous détestions nos maîtres qui vivaient a vec nous protégés par de haut murs de toute contamination extérieure.
Certains élèves dont les parents habitaient dans les environs avaient la chance de sortir le dimanche après midi après la grand messe chantée de 11 heures.
Ils nous rapportaient des nouvelles de la guerre que nous commentions la nuit avec passion, jouant aux stratèges.
Nous suivions sur une carte de l’Europe les mouvements des troupes, vivant dans l’espoir que les alliés viendraient nous sortir de notre prison.
Nos messagers du dehors nous parlaient du maquis formé dans une forêt proche qui parvenait à survivre grâce à leur connaissance de la région.
Ils savaient les cachettes. Ils se trouvaient des provisions qu’ils réquisitionnaient dans les fermes isolées.
Les armes leur manquaient pour se battre efficacement.
Que faisait Dieu pendant ce temps ?
Nous regardions Jésus sur sa croix. Nous ne comprenions pas ce qu’il faisait là. A quoi nous servait ce Dieu cloué par les mains et les pieds et qui s’était laissé cracher à la figure, fouetter, courronner d’épines, injurier sans rien dire.
Il est mort pour votre salut, nous disaient les prêtres.
Heureusement que les peuples se battaient autrement les armes à la main pour retrouver la liberté.
Le salut de la France ne viendrait pas en se laissant humilier par les allemands.
De plus, Jésus était seul sur sa croix. Les résistants étaient plusieurs, formaient des groupes. Le salut ne vient pas d’un individu seul, fût-il un Dieu.
De plus, nous ne comprenions pas ce Dieu Amour qui laissait mourir son Fils sans rien faire. Pour nous il était complice des meurtriers.
De fait un criminel comme les autres.
Le Golgotha nous dégoûtait qui n’était pas pour nous une leçon de vie mais un acte inefficace.
Dieu ne nous vint pas en aide.
La liberté revint sans lui.
Nous apprîmes le sort des six millions de juifs assassinés à Auschwitz.
Décidément les juifs étaient haïs par tout le monde. Au catéchisme on nous disait qu’ils avaient tué Jésus et que pour ce crime ils iraient tous en enfer.
Je ne comprenais pas.
Jésus était juif.
Il était né d’une mère juive et d’un Dieu Père juif.
Comment faisait-il pour laisser les nazis assassiner son peuple et le peuple élu de son Père sans réagir ?
Est-cela que les prêtres nomment l’amour ?
Jésus avait-il renié son Père sa mère, son peuple, sa foi, ses traditions, les abandonnant aux mains criminels des prêtres qui les persécutèrent durant deux mille ans, quand il s’était converti au christianisme ?
Je ne m’y retrouvais pas dans la religion chrétienne.
Tout ce que nos maîtres nous enseignaient était si abstrait, si peu charnel, – ah leur trouille des insupportables péchés de la chair et comment apprendre à des adolescents en pleine mutation corporelle que la chair est la source du Mal, comment faire pour détourner leurs désirs du côté de Maman, la Vierge Sainte ?
Problème insoluble.
La chair existe dans les collèges depuis toujours et de façon d’autant plus violente qu’elle est violemment réprimée.

Le discours religieux est abstrait. Je suis un être de chair et de pensées. La chair pense, se pense, elle s’analyse, se questionne, se raisonne.
L’âme chrétienne est indétectable.
Quand on compare les livres écrits qui ont comme sujet la chair et ceux qui ont pour objet l’âme, force est de constater que personne n’a encore fait le tour de son corps et de ceux de ses amours ou de ses haines.
L’âme est si transparente que les saintes et les saints nous appris peu de choses sur elle.
La psychanalyse descend au fond du corps et établit une relation entre le corps refoulé, bâillonné et la parole capable de s’affranchir de sa souffrance.
La parole délivre.
La parole est délivrance.
La parole est libre.
Elle refuse de s’aplatir devant des puissants.
Le Pape est un homme politiquement puissant dont le discours abstrait, théologico-philosophique, se garde bien de faire référence au réel, au vécu.
Dans le discours du Pape Dieu est un  nom propre, une belle idée et Jésus est une idée qui a pris chair mais en se gardant bien d’aller dans les profondeurs de la chair.
Jésus reste à mi chemin de l’aventure humaine.
Il ne prend pas de femme dans ses bras. Il n’est le compagnon de personne. Ne milite pas dans un groupe rêvant de libérer la Palestine de l’occupant romain.
Il est jugé seul. Il meurt seul. Même son Père l’abandonne, même ses apôtres l’abandonnent, même le peuple des Rameaux l’abandonne.
Il ressuscite et monte au ciel seul et, depuis, personne ne l’a revu.
Il n’a parlé à personne.
St Jean nous avait promis un Dieu Verbe qui s’est fait chair et a habité parmi les hommes.
Deux mille ans après le Golgotha le Pape, comme le faisait Jésus, parle seul et s’adresse à la foule des croyants et des incroyants empruntant la forme abstraite du discours religieux.
Ce discours comme tout discours est de nature politique. Il dit le pouvoir de celui qui parle et ne fait jamais référence à son expérience personnelle, de sa fréquentation intime de Dieu.
Le Pape croit-il en un Dieu Verbe ?
Pourquoi confisque-t-il la Parole ?
A quel moment les fidèles ont-ils le droit de parler dans les églises, pas de lire les textes sacrés, mais de parler d’eux-mêmes ? De leur vie, de leurs espoirs, de leurs désespoirs, de leurs peurs, de leurs joies, parler sans être mis au silence ?
La Parole, libre, est le fondement de la démocratie.
Le totalitarisme interdit la parole aux individus.
En ce sens la religion chrétienne dans sa forme impériale est un totalitarisme, et, avec son organisation du pouvoir pyramidal, le contraire absolu de la démocratie.
Les fidèles se font rare. Un petit nombre d’entre eux fréquent les églises.
Dans un sondage récent le nombre des français se déclarant catholiques a encore baissé par rapport au dernier sondage.
L’étonnement vient de ce qu’un pourcentage important de ceux qui se disent catholiques reconnaissent ne pas croire en Dieu.
Je suppose sans être analyste qu’il y a manifestement une crise de la Parole à l’intérieur de l’Eglise et que les prêtres se fourvoient en nous proposant de savantes études socio-ethnico logiques qui, sans être répréhensibles en soi, ne touchent pas le cœur des gens et ne répondent pas à leurs désirs.
L’Eglise doit de toute urgence justifier le silence de Dieu qui dure déjà depuis deux mille ans.

Les églises portugaises, espagnoles, italiennes, françaises, allemandes ont toutes pactisé avec le diable, en l’occurrence Salazar, Franco, Mussolini, Hitler, Pétain, Pinochet, pactisant avec des dictateurs qui, aux yeux de l’Eglise romaine, avaient le courage de vouloir éliminer le Mal absolu représenté, selon Hitler, par le judéo-communisme.
Franco, Mussolini, Hitler signèrent avec Pie XI un Concordat.
A l’occasion de cette signature tant désirée par Hitler parce qu’elle légitimait son pouvoir au regard de tous les peuples, il fit cadeau à l’église allemande d’un iompôt nouveau, le Kirchensteuer, dont les revenus intégralement versés à l’Eglise fit de celle-ci l’une des plus riches du monde.
L’Eglise, malgré ses déclarations formulées contre l’idéologie raciste, n’excommunia jamais Hitler et ne refusa pas le trésor que celui-ci lui avait si généreusement attribué.
Judas a trahi Jésus pour trente deniers. L’Eglise allemande trahit six millions de juifs jetés dans la fournaise nazie, alors que ST Augustin, dans sa grande mansuétude avait seulement prévu de jeter la totalité du peuple juif dans les enfers éternels.
Hitler n’attendit pas le Jugement dernier pour réaliser le désir du docteur de l’Eglise.
Nous sommes de la chair.
L’Eglise est de la chair.
Elle est faite d’hommes et les hommes ne sont jamais des saints mais des êtres très réels que la politique conduit à défendre leurs intérêts au risque de tricher et d’oublier pourquoi ils sont faits.

Le Dieu chrétien, je l’ai bien connu durant toute mon enfance.
J’y ai cru, faisant preuve de bonne volonté, essayant de ne pas tenir compte du réel et des comportements équivoques et discutables des prêtres qui nous éduquaient.
Nos pères ne croyaient pas seulement en Dieu. Ils croyaient aussi au maréchal Pétain.
Sur la fin de la guerre, certains d’entre eux commencèrent à croire au général de Gaulle.
Des prêtres furent des résistants. Des prêtres furent déportés, fusillés.
Ils étaient des combattants. Ils agissaient courageusement sans tenir compte de l’institution catholique elle-même.
Je ne mets pas en cause les hommes individuellement mais en tant qu’ils sont les ministres d’une religion chrétienne qui prêche l’amour et se conduit de façon égoïste ne pensant qu’à sauver leur institution et par le fait même se sauver eux-mêmes matériellement et physiquement.

Un jour que j’étais agenouillé dans la chapelle du collège lors d’un office je regardais le Christ en plâtre blanc coué sur sa croix couleur bois.
J’ai remarqué plus que d’autres fois la solitude de Jésus.
Si les peintres des époques anciennes peignaient toujours le Jésus crucifié entouré de soldats, de gens du peuple, de pleureuses, il s’est trouvé que par opposition aux crucifixions et descentes dde croix de Rubens qui sont mouvement et foule active, des peintres osèrent représenter Jésus seul et nu.
C’est le cas de Michel-Ange et de Goya.
Philippe de Champagne représenta aussi Jésus seul sur sa croix.
Cette solitude me frappa.
De même que la solitude de la Vierge de Lourdes.
Ce fut la première fois dans l’histoire de la chrétienté que Marie apparaît sans son Fils.
Pensons aux innombrables vierges à l’enfant qui ornent les murs de nos Musées.
Pensons aux Nativités. Pensons même aux scènes de crucifixion où Marie est au pied de Jésus.
A Lourdes comme à La Salette comme à Fatima, Marie est seul.
A la même époque, le Pape Pie IX honore le Sacré Cœur de Jésus qui, à son tour, est représenté toujours seul la main droite pointée sur un cœur couronné d’épines et rayonnant.

Pourquoi cette volonté de représenter les personnages du ciel séparément ?
Le ciel n’est-il pas cette éternité cohérente, dans lequel tout, au lieu d’être séparé comme sur la terre, est lié.
Peut-on penser le Père sans le Fils et sans le St Esprit ? A quoi sert le dogme de la Trinité Sainte ?
Parce qu’il était seul le Christ de la chapelle me parut vulnérable.
De plus sa solitude me sembla être une hérésie.
Sur le Golgotha c’est Dieu, le Dieu Trinitaire qui est cloué.
C’est Dieu et son Eglise et le peuple chrétien.
Je ne me suis pas demandé si j’avais tort mais j’étais persuadé que les représentations qui m’étaient proposées de la divinité était inexacte.
De fait, je voulais que Dieu soit Dieu et non un homme banal, à la figure duquel je peux cracher sans être anéanti.
Quoi, des soldats ont pu fouetter Jésus, lui enfoncer une couronne d’épines dans la tête, transpercer son cœur d’une lance, répandre son sang, le crucifier sans être transformé en poussière ?
Pourquoi l’Eglise crie-t-elle si fort quand un publiciste ose substituer des femmes aux apôtres dans la Cène de Léonard de Vinci.
Est-ce un sacrilège comme l’affirmait Mgr di Falco ?
Cracher à la figure de Jésus est-ce un acte anodin ?
« Père pardonne leur car ils ne savent ce qu’ils font. »

Les théologiens s’efforcent de rendre cohérent les événements qui figurent dans les saintes écritures.
JE SUIS PERSUADÉ QUE J’AI PERDU LA FOI POUR CETTE SEULE RAISON QUE DANS LES ÉVANGILES JÉSUS LUI-MÊME EST PERDU.
PERSONNE NE L’AIME NI SON PÈRE NI LES HOMMES.
IL EST SEUL.
IL NE PARLE PAS.
IL INTERPELLE SON PÈRE QUI SE TAIT.
CE SILENCE EST CRIMINEL. COUPABLE.
INSUPPORTABLE.
LE DIEU VERBE EST MUET.

Pourquoi aimer un Dieu qui  ne s’aime pas Lui-même ?
Pourquoi aimer un Dieu qui se brise en deux sans qu’il n’y ait plus de liens entre le ciel et la terre ?
J’aurais aimé aimer un Dieu UN, pas trois divinités qui vivent chacune leur vie en ne se souciant pas de celle des deux autres.
« Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Vous trouvez que ça donne envie d’établir un contact avec Celui avec qui a fermé tout contact avec son Fils ?
Pourquoi ferions-nous mieux que Dieu ?

 

plutôt se caricaturer soi-même comme on en a envie

Classé dans : Non classé — lheretique @ 17:18

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jésus n’a pas eu le droit de mourir dans la dignité

Classé dans : Non classé — lheretique @ 17:11

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